L’agneau de la fable..

Si je les aime tant (les étrangers), est-ce parce que nous tous, gens d’ailleurs, nous nous sentons mal à Paris ? Non, ce n’est pas cela. D’abord, je ne me sens pas mal à Paris (pas plus mal que dans n’importe quel lieu que je n’ai pas choisi), ensuite, mon ami arménien du marché qui appelle les jeunes femmes « °p’tite soeur° », les moins jeunes « °p’tite mère° » et qui ne dit pas « °Madame° » même aux récits plus élégantes, lui, manifestement, se sent bien à Paris. Ce n’est donc pas une affaire de bien ou mal dans la vie. Mon amour n’est pas une « °camaraderie de malheur° ». C’est qu’à chacun de nous, n’importe qui, fût-il ivrogne ou gamin de cinq ans, peut à n’importe quel moment crier « métèque » et nous, nous ne pouvons pas – lui crier la même chose. C’est que, quel que soit le point de la carte où nous nous tenions, sauf – dans notre pays, nous y sommes, en ce point – s’agirait-il même des plus vastes prairies – précaires : le pied est précaire, la terre l’est aussi… C’est qu’à la moindre étincelle – la colère se déchaînera contre nous, cette colère que le peuple tient toujours en réserve, la légitime colère de la dignité offensée avec ses éternels éclats d’injustice criante. C’est que – ici – chacun d’entre nous, qu’il soit trublion ou loup, est éternellement l’agneau de la fable, le désigné d’avance – coupable d’avoir troublé l’eau du ruisseau. C’est que, dans la tempête, s’il faut absolument passer quelqu’un par-dessus bord, immanquablement, contre toute justice et, en fin de compte, normalement – ce sera nous. C’est que nous sommes tous, de l’Africain à l’Hyperboréen, camarades non pas °de malheur°, mais °de danger°. C’est que si, tous, nous sommes sous le regard de Dieu, nous sommes aussi, en terre étrangère, soumis à la colère des hommes.

Marina Tsvetaeva, “Le Chinois”, Lettre à Bounina du 28 avril 1934.

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Sharing Your Story Alleviates Stereotypes

Partager son histoire évite les stéréotypes. “I am constantly searching for the words that help to reinforce the fact that my story is just one of many unique, valuable and beautifully tragic adoption stories” – Angela Tucker

Angela Tucker

In watching Chimamanda Adichie eloquently speak of The Danger of a Single Story, I couldn’t help but to reflect upon my own experience with Closure. Over the past year I have felt a nagging conviction that although Closure is affecting people positively and in droves (awesome!), I often find myself editing my words during the Q&A portion after screenings of the film. I am constantly searching for the words that help to reinforce the fact that my story is just one of many unique, valuable and beautifully tragic adoption stories. I’m often asked questions such as “…has being in reunion with your birth family brought peace and happiness or more struggle and confusion?” followed by “…would you suggest all adoptees to search?”  I work really hard to consistently only answer from my experience only, hopefully helping folks to understand that my answer and this film shows only one story. That my…

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