« MALGRE LE HANDICAP », J’AI UN NOUVEAU MESSAGE POUR VOUS, AMIS JOURNALISTES

auxmarchesdupalais

Chers amis journalistes,

Parmi les tournures fétiches [1] que vous affectionnez dans vos articles consacrés au handicap, j’aimerais m’arrêter rapidement sur le désormais fameux et obsessionnel : « malgré le handicap ».

Pour que vous ayez un léger aperçu du problème, je vous ai sélectionné quelques exemples [2].

le-monde-10-dec-2015-2016-11-06-a-13-58-33

Le Monde – 10 décembre 2015

libe-3-juillet-2006-2016-11-06-a-13-45-29

Libération – 3 juillet 2006

le-fig-mme-du-9-dec-2012-2016-11-06-a-13-42-47Le Figaro Madame – 9 décembre 2012

paris-match-1-avril-2015-2016-11-06-a-13-56-21

Paris Match – 1 er avril 2015

fr-3-29-sept-2016-2016-11-06-a-13-48-21

Site internet de France 3 – 3 septembre 2016

LE DEPECHE 2 SEPT 2016 2016-11-06 à 13.46.38.png

La Dépêche – 2 septembre 2016

Pour terminer, mon préféré est celui qui suit. Best one ever !

ouest-fr-21-oct-2016-2016-11-06-a-13-50-44

Ouest France – 21 octobre 2016

Ainsi, vous venez régulièrement nous révéler, et vous émerveillez du fait, que l’on peut étudier « malgré le handicap », « travailler « malgré le handicap », avoir des loisirs « malgré le handicap », avoir une vie sentimentale et sexuelle « malgré le handicap », être parents et surtout mère (nan, sans blague ?)…

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Dear Adoption, This Morning I Woke Wet With Grief

IMG_9690Dear Adoption, This Morning I Woke Wet With Grief

This morning I woke wet with grief. Anxiety quickened in the belly. A burn, a dream residue. A lover, an anniversary of an anniversary we never reached. I’m alone, I texted someone. I can’t believe I’m still alone. Everyone feels so fractured, so scattered, so old. 

I’ve always had nightmares. Terrible nightmares. Since as long as I’ve been dreaming. Which I imagine is as long as I’ve been living. Which I suppose is just after being born. But what would I know about being born, having simply arrived?

Arrived like an apparition. Like memory. Like sleep.  

I once saw an astrologer who told me I was born under an unfriendly planet. Or was it an enemy planet? In any case, he said that ever since the day I was born, I have never lived under the influence of a…

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Top 3 des meilleurs podcasts de 2016

Les Mots devant soi

En ce dernier jour d’une année un peu morose, j’ai envie de partager de bonnes nouvelles, pour l’occasion, j’aimerais mettre dans vos oreilles les meilleurs podcasts de 2016, si vous ne les connaissez pas déjà… Si vous lisez ce post en 2017, c’est donc l’occasion de vous souhaiter une excellente année et de faire en sorte qu’elle commence bien.

Pourquoi le podcast ? Parce qu’il se passe un truc. Le podcast s’impose comme un média à part entière, où la narration mais aussi la voix1 prédominent (deux aspects essentiels en littérature comme pour un blog), un média qui s’offre le luxe de prendre son temps, et aussi, une plus grande liberté, car on l’écoute en différé, à ce sujet je vous recommande l’article de Charlotte Pudlowski, « Comment les podcasts vont envahir le monde » – intéressant malgré un titre un peu racoleur.

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Les enfants morts

 

Les enfants morts restent assis au bord des lits

La nuit.

 

Ils lisent

Leurs pieds pendent dans le vide

Ils cherchent la chaussette qui manquait.

 

Les enfants morts laissent leurs cahiers ouverts à la bonne page.

 

Ils ne se coiffent pas.

 

Ils récitent la liste des alignés

Dans le silence vivant

Personne ne les entend.

 

Les enfants morts entendent les chiens qui glapissent

Ils restent assis au bord des lits.

 

Les enfants morts ne font pas de bruit.

 

Les enfants morts racontent des histoires aux bébés emmaillotés de gravats.

Ils ratissent les arrière-cours.

Leurs pieds pendent dans le vide.

 

Les enfants morts donnent leurs yeux au mur

Et n’hésitent plus

Sur la photographie.

 

Ils sont dans les arbres au-dessus des soldats.

Ils cherchent leurs lunettes.

 

Les enfants morts visitent les prisons.

 

Les enfants morts ornent les dispensaires

Ils restent assis au bord des lits.

 

Les enfants morts dallent la Méditerranée
Ni mère
Ni suaire.

 

 

In : revue ARPA, n° 114, octobre 2015, p. 57.

Emmanuelle Sordet

Remembrance (Souvenance) de Emily Jane Brontë

Remembrance, IV, 158 (1846)

Cold in the earth – and deep snow piled upon thee
Far, far removed, cold in the dreary grave!
Have I forgot, my only Love, to love thee,
Severed at last by Time’s all-severing wave?

Now, when alone, do my thoughts no longer hover
Over the mountains, on that northern shore,
Resting their wings where heath and fern-leaves cover
Thy noble heart for ever, ever more?

Cold in the earth – and fifteen wild Decembers,
From those brown hills, have melted into spring:
Faithful indeed, is the spirit that remembers
After such years of change and suffering!

Sweet Love of youth, forgive, if I forget thee,
While the world’s tide is bearing me along;
Other desires and other hopes beset me,
Hopes which obscure, but cannot do thee wrong!

No later light has lightened up my heaven,
No second morn has ever shone for me;
All my life’s bliss from thy dear life was given,
All my life’s bliss is in the grave with thee.

But, when the days of golden dreams had perished,
And even Despair was powerless to destroy;
Then did I learn how existence could be cherished,
Strengthened, and fed without the aid of joy.

Then did I check the tears of useless passion –
Weaned my young soul from yearning after thine;
Sternly denied its burning wish to hasten
Down to that tomb already more than mine.

And even yet, I dare not let it languish,
Dare not indulge in memory’s rapturous pain;
Once drinking deep of that divinest anguish,
How could I seek the empty world again?

Souvenance, IV, 158 (1846)

Froid dans la terre – et un lourd amas de neige posé sur toi
Loin, loin emporté, froid dans la lugubre tombe !
Ai-je oublié, mon unique Amour, de t’aimer,
Toi de moi enfin désuni par la vague du Temps qui tout désunit ?

Ah ! Dans ma solitude, mes pensées ne volent-elles plus, flottant
Au-dessus des montagnes sur ces rivages nordiques,
Reposant leurs ailes là où bruyères et fougères feuillues
À jamais recouvrent ton noble cœur, à tout jamais ?

Froid dans la terre — et quinze décembres farouches
De ces brunes collines descendus, se sont dissouts en printemps :
Fidèle en vérité est l’âme qui se souvient
Après de telles années d’étrangeté et de souffrance !

Doux Amour de jeunesse, pardonne si je t’oublie,
Tandis que m’emporte la marée de ce monde :
D’autres désirs m’assaillent, et bien d’autres espoirs
Espoirs qui t’assombrissent, mais si impuissants à te nuire !

Aucune lumière n’est plus venue illuminer mon firmament,
Pas de seconde aurore n’a plus brillé pour moi ;
Le bonheur de ma vie, tout entier de ta chère vie me fut offert
Ce bonheur de ma vie, tout entier c’est avec toi qu’il gît.

Mais quand eurent péri les jours du rêve doré,
Que même le Désespoir fut impuissant à détruire ;
Alors j’ai appris comment chérir l’existence,
Plus forte encore, et nourrie sans le secours de la joie.

Alors j’ai retenu les larmes de l’inutile passion –
J’ai sevré ma jeune âme du manque de ton âme ;
Sévère, j’ai refusé son ardent désir de vite s’engloutir
Dans cette tombe déjà plus que mienne.

Et à cet instant, encore, je n’ose l’abandonner à la langueur,
Je n’ose m’abandonner à l’exquise douleur du souvenir,
Moi qui autrefois m’abreuvais de cette angoisse divine,
Comment pourrais-je rechercher encore le néant de ce monde ?