Mort-né(e)

Quand naître de qui porte la mort impose en héritage une souffrance dont il faudra se relever à chaque instant. Vivre est un combat. Un récit implacable du romancier, essayiste et philosophe Michel Surya.(à paraître en septembre Ed. Al Dante ; Isbn : 978-2-84761-724-5)

… Tu es ainsi fait : tu crois d’abord que cette haine est justifiée. En quelque sorte, tu la partages. C’est un étrange mouvement, mais qui te ressemble, qui a toujours voulu que tu veuilles mourir si on le voulait pour toi. Dès l’instant qu’il s’agit de toi, tu trouves bonnes même les pires des raisons des autres. Il te faut faire alors un très violent effort pour séparer entre leurs raisons et les tiennes. Pour que la haine qu’on a pour toi ne soit pas la tienne aussi. Pour que l’envie qu’on a que tu disparaisses ne soit pas de toutes les envies que tu as la plus grande…

 

 

 

 

via Qui tu es (Le Mort-né, de Michel Surya) — DIACRITIK

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Lalangue

Je pense souvent à la curieuse sensation que doivent éprouver à ma rencontre mes parents de naissance et plus largement ma famille retrouvée au Liban. Ils indiquent sans équivoque mon appartenance à la constellation familiale et plus largement libanaise comme libanaise au-delà de l’apparence, et simultanément réalisent que quelque chose est hors de cette fille Canada-Dry (son nom sonne comme un nom d’alcool… Mais ce n’est pas de l’alcool). Vous avez sans doute raison. Je sais que je ne serai jamais libanaise de la façon dont mes parents de naissance sont, de la façon dont vous êtes. Mon adoption m’a isolée, m’a coupée de notre culture, de multiples façons et de manière la plus irrévocable. Pour moi, c’est sûrement la chose la plus difficile maintenant que j’ai retrouvé ma famille au Liban, plus encore que les réponses données sur ma naissance. Le plus grand vide laissé dans ma vie, le véritable héritage de l’adoption pour moi et mes enfants, est la déconnexion avec la culture, avec la langue, avec vous.

“Je viens” d’Emmanuelle Bamayack-Tam

Vous voyez bien que l’on n’invente rien et que tout (ou presque) est déjà écrit… Voici ce livre, “Je viens” d’Emmanuelle Bamayack-Tam chez P.O.L qui “vient” insufler un état de grâce comique et discret sur nos malentendus qui font la vie. En librairie ce mois, “Je viens” dresse le portrait de trois femmes dont Charonne qui proclame “sa volonté de redresser les torts, de parler contre les lois ineptes et de faire passer sur le monde comme un souffle de bienveillance qui en dissiperait la léthargie et les aigreurs.” Charonne a été adoptée, ce qui ne passe pas inaperçu. Magnifique!

http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-3541-2