Aphasie

Ce soir en rentrant du travail, j’ai allumé la radio et il y avait une émission sur les aphasiques, des personnes qui perdent l’usage de la parole et doivent la réapprendre, suite à un accident.
A dix ans, j’ai connu un épisode d’aphasie. Plus rien ne sortait de ma bouche, cela a duré une vingtaine de minute et ce fut un moment effroyable : d’un seul coup, j’ai dû sortir, j’ai couru à l’extérieur. Nous étions à l’église, c’était un dimanche à Nantilly.Sous le porche, j’ai repris peu à peu de mes esprits, ma mère me grondait au lieu de me rassurer, et finalement, j’ai pu réentendre le son de ma voix. Elle ne m’a pas montrée aux médecins,comme pour mon pied, ce fut pareil quand je l’ai cassé, rien de cela ne devait se savoir. Emmurée je suis depuis tout ce temps, tout ce temps..

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Handicap

« Nous (Murphy et ses collaborateurs, AK) avons traité l’invalidité comme une forme de liminalité … Les handicapés à long terme ne sont ni malades ni en bonne santé, ni morts ni pleinement vivants, ni en dehors de la société ni tout à fait à l’intérieur. Ce sont des êtres humains, mais leurs corps sont déformés et fonctionnent de façon défectueuse, ce qui laisse planer un doute sur leur pleine humanité. Ils ne sont pas malades, car la maladie est une transition soit vers la mort soit vers la guérison. … Le malade vit dans un état de suspension sociale jusqu’à ce qu’il aille mieux. L’invalide, lui, passe sa vie dans un état analogue : il n’est ni chair ni poisson ; par rapport à la société, il vit dans un isolement partiel en tant qu’individu indéfini et ambigu. » (Robert Murphy ; Vivre à corps perdu ; Plon, Paris 1990, p. 183s)